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Le cerveau moins actif avec l’âge par l’effet des modifications de sa chimie

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Le vieillissement cérébral

Comment et pourquoi le cerveau vieillit ?

Le vieillissement cérébral : inévitable ?

Ce n’est un secret pour personne, le vieillissement s’accompagne généralement d’une diminution plus ou moins importante, et plus ou moins accélérée, des performances cognitives : ralentissement des réflexes, perception plus lente, mémorisation plus difficile sont les plaintes les plus fréquentes passé 60 ans. Rien d’anormal à cela quand on sait que le cerveau atteint son poids maximum à la fin de l’adolescence, pour voir ensuite son volume et sa structure commencer à régresser petit à petit…

Mais rassurez-vous le vieillissement du cerveau est très lent, il ne s’accélère qu’à un âge très avancé. De même, le vieillissement du cerveau, accompagné des petits désagréments cités ci-dessus, est un processus normal. Il devient pathologique donc anormal lorsqu’il s’accompagne de troubles cognitifs sévères comme dans le cas des maladies neurodégénératives telles que Parkinson ou Alzheimer.   

Un vieillissement variable

Donner un âge au cerveau ou prédire son vieillissement est quasiment impossible, puisque l’impact de l’âge sur le cerveau varie d’un individu à un autre : alors que certains séniors voient leurs performances diminuer dès la soixantaine, des personnes âgées de 90 ans conservent tout leur esprit et leurs capacités cognitives. Il est donc parfaitement possible de vieillir avec un cerveau en bonne santé, ayant conservé toutes ses performances ! Dans tous les cas, en le nourrissant correctement et en le faisant travailler, il est possible de ralentir le vieillissement du cerveau

Avec l’âge, la structure du cerveau se modifie

L’idée selon laquelle le cerveau n’évolue plus à l’âge adulte et régresse à partir d’un certain âge est plus ou moins fondée. En effet, le volume du cerveau diminue en vieillissant ; on observe même une perte de poids d’environ 2 % par décennie. Mais contrairement à ce que l’on pense, cette perte de volume n’est pas due à la mort de milliers de neurones chaque jour !  

Au cours du vieillissement normal, les pertes neuronales sont en fait très rares (alors qu’elles sont importantes dans les maladies neurodégénératives que sont les maladies d’Alzheimer et de Parkinson). La réduction du volume cérébral est en réalité due à une atrophie des neurones et de leurs dendrites (leur taille diminue). L’imagerie médicale permet ainsi de visualiser une diminution de l’épaisseur de la matière grise, signe de l’atrophie des corps cellulaires, et une perte de substance blanche, liée à une diminution du nombre de connexions synaptiques.

Un cerveau plastique

Cependant, cette réduction cérébrale varie d’une région du cerveau à une autre. Ainsi, les régions situées à l’avant au niveau du front (cortex préfrontal) sont les plus affectées par le vieillissement. En résulte une altération des performances dans certaines tâches spécifiques de cette région du cerveau, comme la mémoire ou la gestion des émotions.

Heureusement, le cerveau humain même âgé est capable de compenser ces déficits grâce à son incroyable plasticité. Ainsi, pour compenser les atteintes neuronales, les neurones sains peuvent réajuster leur fonctionnement et développer des circuits neuronaux alternatifs pour accomplir les tâches. En revanche, à l’inverse d’autres organes tels que la peau, le cerveau est incapable de régénérer de grandes quantités de nouveaux neurones, puisqu’il n’y a que très peu de cellules souches dans le cerveau adulte.

Un cerveau moins actif

Outre les modifications structurales, le cerveau âgé devient aussi moins performant dans son activité. En effet, on observe une baisse du débit sanguin et du métabolisme dans certaines régions. Or pour fonctionner de façon optimale, le système nerveux nécessite de grandes quantités de glucose apportées par le sang ainsi qu’une production d’énergie importante au sein des neurones.
Au niveau des axones, la vitesse de conduction nerveuses diminue, entraînant une transmission du signal moins importante. L’excitabilité des membranes neuronales est altérée, et le message nerveux a plus de mal à se propager, ce qui cause un ralentissement des fonctions cognitives.

Modifications chimiques du cerveau

Avec l’âge, on observe des modifications dans la chimie du cerveau. Un des premiers signes est une chute de la concentration en certains neurotransmetteurs, tels que la dopamine, associée à une altération des fonctions motrices chez le sujet âgé.
Par ailleurs, des protéines naturellement présentes dans le cerveau humain s’accumulent au cours du vieillissement. Il s’agit de la protéine tau et du peptide bêta-amyloïde, dont l’accumulation engendre la formation de plaques séniles, pouvant mener à l’apparition de maladies dégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer. Toutefois, ces dépôts de protéines s’observent également chez le sujet sain, et sont donc caractéristiques du vieillissement cérébral, qu’il soit normal ou pathologique.

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