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Effets secondaires des antibiotiques : pourquoi ? comment les éviter ?

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Antibiotiques à l’assaut du microbiote

Après un traitement antibiotique, tout l’organisme dont le système digestif, est touché. Et ces atteintes ne sont pas sans conséquence.

Le spectre d’activité des antibiotiques

Les antibiotiques ont pour objectif d’éliminer la bactérie génératrice de la maladie. Le choix de tel ou tel sera fait en fonction de l’état de santé de la personne mais également de la nature de la famille de bactéries concernées. 
En effet, les espèces bactériennes utilisent différents moyens pour croître et se protéger.

Les espèces (bacilles, cocci, etc.) sont classées selon la structure de leur paroi protectrice. Les bactéries à Gram* positif qui ont une paroi constituée uniquement d’une épaisse couche de peptidoglycanes sont les plus sensibles à l’effet antibiotique. Les bactéries à Gram négatif qui ont une paroi stratifiée (une fine couche de peptidoglycanes par-dessus laquelle une membrane lipidique) luttent plus facilement.

Bien que les peptidoglycanes aient un rôle primordial dans la résistance intracellulaire des bactéries, il en existe également sans paroi : les mycobactéries et les formes L. 
Le spectre d’activité d’un antibiotique désigne les bactéries sur lesquelles il agit. Les plus courants ont un spectre large, les plus récents cibleront mieux la bactérie concernée.

Les modes d’action des antibiotiques

De surcroît, ces médicaments n’agissent pas de la même façon, on parle alors de mode d’action :
- détruire les bactéries ; ils sont appelés "bactéricides"
- empêcher la multiplication des bactéries ; ils sont alors qualifiés de "bactériostatiques".
Les antibiotiques les plus prescrits en France appartiennent à la première catégorie. Leurs molécules portent des noms familiers : pénicillines, céphalosporines, bacitracine…

Les différents modes d'action des antibiotiques

  • fragiliser la paroi qui enveloppe la bactérie en s’attaquant à sa couche de peptidoglycane. Elle n’exerce plus alors son rôle de défense et la bactérie est vulnérable.
  • désorganiser la composition moléculaire des lipides (qui composent cette même membrane lipidique)membranaires ou littéralement y creuser un trou.
  • bloquer la synthèse de l’ADN et l’ARN ou des protéines sans qui les cellules meurent.
  • bloquer la synthèse des constituants de la cellule : acides aminés, nucléotides, lipides.

Les effets indésirables

Aucun antibiotique, cependant, n’épargne les flores commensales de l’organisme et notamment la flore intestinale.

Quelques-uns ont un effet direct sur le tube digestif, provoquant des douleurs d’estomac, nausées, des maux de ventre, des diarrhées dues à l’accélération du transit intestinal. Ces troubles digestifs se manifestent dans les heures suivant la prise du médicament.
Cette altération aura plusieurs conséquences :

  • Elle peut favoriser le développement de champignons au niveau de la bouche (muguet ou candidose). 
  • Elle permet l’apparition d’infections vaginales, dues à la modification locale de la flore (diminution des lactobacilles). Peuvent alors se développer des champignons (Candida albicans) ou des bactéries (Gardnerella vaginalis, Mycoplasma hominis) provoquant une vaginose bactérienne.
  • Elle altère le microbiote intestinal qui ne joue plus correctement son rôle. On parle de dysbiose.

La dysbiose : quelles sont ses conséquences ?

Si dysbiose il y a, différentes atteintes peuvent se développer :

  • La digestion des aliments est perturbée et provoque des troubles digestifs (ballonnements, douleurs abdominales, difficultés à digérer, etc.).
  • La fonction barrière est altérée : des micro-organismes résistants à l’antibiotique peuvent se développer tel Clostridium difficile - en cause dans la diarrhée post-antibiotique. 
  • On constate alors une augmentation des Entérobactéries, une diminution des Bifidobactéries et des Firmicutes (en particuliers Clostridia du groupe XIVa ou de Faecalibacterium prausnitzii).

Il est possible d’éviter ou de limiter ces effets avec une alimentation saine, riche en ferments lactiques, en fibres (fruits et légumes) et en évitant les viandes et sucres car ils modifient négativement l’équilibre intestinal.

Claire Alcalay, pharmacienne


*Le procédé utilisé pour les distinguer est la coloration de gram.

Sources : Inserm.fr
Em-consulte.com : Le microbiote intestinal, la revue de médecine interne vol. 37, n°6, p 418-423
Inrae.fr

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