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La composition du microbiote évolue

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Vieillissement des microbiotes

La flore intestinale ou microbiote vieillit comme son hôte !

De nombreuses études montrent que les altérations de la physiologie liées à l’âge (désordres de la motilité gastrique et intestinale, baisse des sécrétions enzymatiques…) mais aussi de la nutrition (peu ou pas de fibres, de protéines, trop de sucres…) ont des effets sur la diversité de composition et de fonctionnalité du microbiote intestinal.

Ainsi, les populations bactériennes restent constantes en nombre mais diminuent en termes de diversité. Avec l’âge, on observe notamment une augmentation des protéobactéries (type Escherichia, Legionella…), une réduction des bifidobactéries et du rapport Firmicutes (auxquels appartiennent les lactobacilles) /Bacteroïdetes, deux grands groupes bactériens qui prédominent dans l’intestin. Les lactobacilles et les bifidobactéries notamment sont supplantés par d’autres bactéries. Les bifidobactéries transmises de la mère à l’enfant par voie vaginale à la naissance et qui représentent 90 % du microbiote présent dans le côlon du nouveau-né, constituent moins de 5 % du microbiote chez les personnes âgées.

On ne peut identifier l’âge seuil où le microbiote change. Ces modifications surviennent progressivement avec le temps et sont influencées par des facteurs particuliers : altération de la qualité de vie, malnutrition, fragilité, inflammation, prises d’antibiotiques ou d’anti-inflammatoires répétées.

Les études réalisées chez les centenaires indiquent que les bactéries opportunistes pro-inflammatoires, présentes en faible quantité chez des individus plus jeunes, augmentent en nombre.

Evolution des niveaux de bactéries de l’enfance à la vieillesse

La composition du microbiote se transforme, peut-être pour mieux correspondre avec les besoins

Et les autres microbiotes, vieillissent-ils aussi ?

On sait qu’après la ménopause, avec l’effondrement des hormones féminines, la composition du microbiote vaginal, constitué presque exclusivement de nombreuses espèces de lactobacilles – plus de 95% -, est grandement modifié. Moins de lactobacilles (10 à 100 fois moins), ce qui conduit à une modification du pH du milieu passant d’une acidité protectrice à une basicité favorisant une potentielle colonisation par des pathogènes, augmentant la sensibilité aux affections in situ et/ou urinaires(1).

Chez la femme, le microbiote urinaire, découvert depuis peu, est aussi composé très majoritairement de lactobacilles (près de 50 %), mais aussi de bifidobactéries (environ 12 %) et de bactéries potentiellement pathogènes dont Escherichia coli (près de 2%). On observe avec l’âge une plus grande fréquence des problématiques du tractus urinaire telles incontinence, urgence mictionnelle ou vessie hyperactive, infections (qui représentent près de 25 % des infections du sujet âgé)(2). Des études récentes montrent qu’en cas de vessie hyperactive, dont la prévalence augmente avec l’âge(3), on observe une modification de la flore ou dysbiose au niveau de la vessie : là encore le nombre de lactobacilles diminue et plusieurs espèces, incluant des uropathogènes non détectés par une mise en culture de l’urine, sont mis en évidence par les techniques de pointe de la biologie moléculaire (2-4-5). De la même façon chez l’homme, dans le cas d’une hyperplasie de la prostate, on note une dysbiose au niveau de l’urine et des sécrétions prostatiques(6)

Les microbiotes des femmes changent avec leur vie hormonale

Au cours de sa vie, une femme va vivre des changements hormonaux qui modifient la composition des microbiotes

De la même façon, les études montrent que le microbiote respiratoire évolue avec l’âge, toujours dans le sens d’une moindre diversité(7).

Avec l’âge on note des variations du pH de la peau en surface (il augmente), de la teneur en sébum et de l’hydratation. Les études montrent que la diversité du microbiote cutané s’amoindrit. Alors que de nombreux genres diminuent, on note une augmentation des archées (4,7% de 61 à 75 versus 0,2% de 12 à 60 ans), en lien avec celle de la sécheresse de la peau. Le système immunitaire de la peau décline aussi, ce qui peut jouer un rôle dans la croissance de la flore cutanée(8).


1. Alicia L. Muhleisen et al. Menopause and the vaginal microbiome. Maturitas. September 2016 Volume 91, Pages 42–50.
2. Linda Brubaker et al. The female urinary microbiota, urinary health and common urinary disorders.  Ann Transl Med 2017;5(2):34.
3. Hartmann KE et al. Treatment of overactive bladder in women. Evidence report /technology assessment 1-120, v.
4. The female urinary microbiome: a comparison of women with and without urgency urinary incontinence. Pearce MM et al. MBio. 2014 Jul 8;5(4):e01283-14.
5. Lisa Karstens et al. Does the Urinary Microbiome Play a Role in Urgency Urinary Incontinence and Its Severity? Front. Cell. Infect. Microbiol., 27 July 2016.
6. Haining Yu et al. Clinical research Urinary microbiota in patients with prostate cancer and benign prostatic hyperplasia. Arch Med Sci 2015; 11, 2: 385–394. 
7. Cox MJ et al. Airway microbiota and pathogen abundance in age-stratified cystic fibrosis patients. PLoS One. 2010 Jun 23;5(6):e11044. 
8. Christine Moissl-Eichinger et al. Scientific Reports 22 June 2017. Human age and skin physiology shape diversity and abundance of Archaea on skin.

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